Circulation : le point sur la déviation de Marquixanes sur la RN116
jeudi 28 février 2019 à 4:02 Par Sébastien Cabrita Dos Santos, France Bleu Roussillon
Les études d'impact ont commencé, au nord de Marquixanes, pour déterminer avec précision par où passera la déviation. Le projet de contournement par le nord pourrait voir le jour en 2022, mais rencontre encore une forte opposition d'une partie de certains riverains.
Les pancartes fleurissent, partout dans Marquixanes, pour s'opposer à la déviation par le nord
Marquixanes, France
Véritable arlésienne depuis près de 40 ans, le dossier avance pour la déviation de Marquixanes, première commune de la RN116 après le rétrécissement de la deux fois deux voies, sur cet axe majeur qui relie Perpignan à la montagne.
Lors d'une récente réunion en sous-préfecture de Prades, le tracé quasi-définitif, qui doit contourner la commune par le nord, a été présenté aux différents professionnels concernés.
Il s'agissait également de préparer l'enquête publique qui doit "être lancée pendant l'été", promet le sous-préfet Laurent Alaton. Le coût total du projet est estimé à 26 millions d'euros.
Des études d'impact sont réalisées en ce moment, pour déterminer s'il est possible de passer sous la voie-ferrée, comme le prévoit le dernier tracé. Des études environnementales sont également menées sur la faune et la flore, pour s'assurer que ce nouveau chantier n'impacte pas la nature de façon disproportionnée.
Une dizaine d'habitations impactées par le tracé nord
Le tracé n'est pas encore définitif, mais déjà, la présidente de l'association des habitants et de l'environnement de Marquixanes, Maryse Cayrol, monte en créneau : "le problème, c'est que de nouveaux résidents qui viennent de s'installer vont être impactés par le bruit et la pollution, alors qu'ils avaient construit pour être tranquilles. Ils vont perdre la moitié de la valeur de leur maison".
Selon Maryse Cayrol, une dizaine d'habitations pourraient être impactées, à terme. Dont au moins quatre qui seraient amenées à être détruites.

Le tracé quasi-définitif de la déviation de Marquixanes par le nord (source associative) - Lucien Baillette
Une version contestée par Valérie Pauco, la présidente de l'association pour le contournement de la RN116, qui, elle, milite pour la réalisation de ce chantier : "pour les riverains les plus impactés, la route passera entre 10 et 15 mètres de leur porte. C'est déjà plus éloigné que pour les riverains qui voient passer 15.000 véhicules sous leurs fenêtres, chaque jour, depuis 40 ans".
Valérie Pauco se veut rassurante. Elle dit savoir que seuls des hangars seraient concernés par des démolitions, en aucun cas des maisons habitées. Le sous-préfet assure, de son côté, qu'aucune décision n'a encore été arrêtée.
Tout est calculé pour réduire les nuisances
Pour éviter de ne faire que "déplacer" le vacarme d'un côté à l'autre du village, plusieurs solutions sont à l'étude pour réduire au maximum les nuisances pour les résidents impactés par ce tracé nord : "un revêtement et des murs anti-bruit seront mis en place ainsi que des plantations d'arbres et d'arbustes pour neutraliser les nuisances pour les riverains les plus proches".
Depuis les années 1980, les habitants de Marquixanes demandent une déviation pour éviter que des milliers de véhicules, et des centaines de camions, traversent, chaque jour, la commune. Ils dénoncent un passage très accidentogène, puisque les voitures débouchent sur Marquixanes juste après une voie rapide limitée à 110 kilomètres par heure et une courte section limitée à 80 kilomètres par heure.