G.E. a écrit :Ce tarif unique va faire des heureux, et notamment dans les zones lointaines où la promotion immobilière pourra allègrement se poursuivre.
Non : lors de la suppression des zones 6 à 8 on n'a rien vu de spécial ...
Les zones 6 à 8 sont lointaines. L'effet dont je parle, s'il existe, se fera sentir lors de la fusion avec les zones plus rapprochées du centre de Paris.
djakk a écrit :Les abonnements région Centre - Paris sont très subventionnés ... On en avait déjà parlé, j'avais comparé les tarifs.
Certes, mais sur un seul axe : Paris - Orléans - Val de Loire. L'échelle est désormais très différente.
G.E., il n'y a pas que le tarif, mais aussi le temps à prendre en compte. A quoi bon payer un forfait pas très cher, si c'est pour se taper des heures de trajet chaque jour. Or, si une bonne partie des gens sont prêt à payer moins cher, je doute qu'il soit prêt à faire beaucoup plus de temps de trajet. C'est aussi pour cela que l'étalement urbain en lointaine banlieue n'est pas aussi fort, actuellement, sauf dans les périmètres des villes nouvelles.
Pour prendre l'exemple que je connais bien, celui de Marne-la-Vallée, une fois dépassée le terminus de la ligne A à Chessy, le développement urbain est beaucoup beaucoup moins rapide et intense. D'une manière générale la limite de la forte urbanisation, elle se fait dans le périmètre de la francilienne. Au delà, c'est beaucoup plus difficile, y compris dans des secteurs pourtant plutôt bien desservie en Transilien, et pas plus loin que d'autres endroit (je pense notamment au secteur de Mitry-Morry, ou bien Gretz-Tournan, qui sont aussi loin en distance et temps de trajet train de Paris que le secteur de Val d'Europe, mais où le développement immobilier est moindre.
En soit, les seules personnes qui vont réellement subir les conséquences négatives du dézonage, ce sont les titulaires de forfaits zone 2-3, 3-4, et 4-5 (les parisiens, et proches banlieusards, ça va leur faire même pas 3€ de plus par mois, pour profiter de toute l'Île-de-France).
Moi je sais par contre une chose, c'est que grâce au dézonage, je vais très certainement aller plus souvent sur Paris en semaine après le boulot, car payer le complément de parcourt à chaque fois, ça a un côté assez pénible pour le porte-monnaie.
Oui la suppression de compléments de parcours représentera une belle économie, il devrait donc y avoir plus de monde dans le RER (y compris dans le RER B pour aller à Roissy puisque ça devient gratuit). La fraude va diminuer puisque les voyages deviennent quasiment gratuits dès lors qu'on a un abonnement.
Il pourrait même y avoir plus de monde dans le RER aux heures de pointe. Ex. Sur le trajet Paris-La Défense, c'était plus cher avec le RER A (il fallait un abonnement aux zones 1-3 qui va passer de 82 euros à 70) qu'avec le métro (l'abonnement aux zones 1-2 suffisait). D'où pas mal de salariés prenant le métro alors que le RER serait aussi pratique et plus rapide.
Par contre, des incohérences seront maintenues pour les voyageurs sans abonnement : les tickets à l'unité coûteront toujours nettement plus cher. A mon avis les voyageurs occasionnels (touristes) auront du mal à comprendre cela (ex. que le trajet La Défense-Paris ne coûte pas le même prix par le RER ou le métro) alors que les Parisiens auront oublié cette règle si on ne l'applique plus à leur abonnement.
Avec cette nouvelle règle, les fraudeurs seront donc essentiellement des faux fraudeurs ?
florentr a écrit :
Par contre, des incohérences seront maintenues pour les voyageurs sans abonnement : les tickets à l'unité coûteront toujours nettement plus cher. A mon avis les voyageurs occasionnels (touristes) auront du mal à comprendre cela
Bon, faut arrêter de déconner: a Londres, le ticket coûte plus de 3 euros.
Autant augmenter le prix des tickets unitaire afin d'encourager les clients a s'abonner. C'est quand même pas normal que l'abonnement hebdomadaire ne soit pas rentable pour ceux qui font 5 AR et que le mensuel le soit tout juste pour ceux qui font 20 AR.
@Eomer,
Tu crois réellement que tous ceux qui font des trajets quotidiens ne sont pas déjà abonnés (surtout que l'employeur paye la moitié de l'abonnement dans bon nombre de cas, mais presque jamais la moitié du ticket à l'unité ou en carnet) ?
Modifié en dernier par nanar le lun. 08 déc. 2014 11:11, modifié 1 fois.
On n'a jamais dit que l'abonnement mensuel ou annuel revient cher pour un salarié ! C'est même le contraire puisqu'à 70 euros divisé par 2 il est modique et sera encore plus complètement déconnecté de son vrai prix.
C'est différent pour les utilisateurs occasionnels : touristes, retraités peu mobiles etc. puisque le système est plus proche du vrai prix avec des bizarreries : 2,65 pour aller à La Défense en RER mais possibilité d'y aller avec un ticket T en métro. La bizarrerie sera encore plus forte avec le Navigo à tarif unique puisque la majorité des Parisiens aura oublié que RER et métro n'ont pas le même prix sur un même trajet (et les travailleurs aident souvent les touristes en galère à comprendre le système de TC).
Et petit comparatif voyages occasionnels versus abonnement mensuel : 2 AR pour Paris-Roissy (40 euros en RER B) reviendront plus cher qu'un mois de voyages illimités pour le salarié (qui payera 35 euros après remboursement de l'employeur) y compris pour se rendre à Roissy. Donc oui, les salariés seront très avantagés par le nouveau système. Sans doute trop même.
À la rentrée 2015, ça va voter en catastrophe le ticket t+ valable partout pour un trajet de 2 heures maxi … et ensuite ça sera la bataille électorale pour obtenir enfin l'autorisation d'une correspondance métro-bus ou train-bus avec un t+
Benny a écrit :Oui et en plus sur l'abonnement annuel, tu ne paies que 11 mois sur 12. C'est plus intéressant pour l'usager et l'employeur.
En effet: raison supplémentaire pour augmenter le tarif des tickets à l'unité.
L'argument qui voudrait que "le salarié ne paye que 50% de son abonnement" est fallacieux car le niveau de salaire tient compte du remboursement employeur.
eomer a écrit :En effet: raison supplémentaire pour augmenter le tarif des tickets à l'unité.
L'argument qui voudrait que "le salarié ne paye que 50% de son abonnement" est fallacieux car le niveau de salaire tient compte du remboursement employeur.
C'est même plus compliqué : l'employeur ne fait pas que rembourser 50 % à son salarié. Il paye aussi le "versement transport".
Mais ça coûte bien 50 % moins cher au salarié que si toute la contribution de l'employeur passait directement à la région via le versement transport.
florentr a écrit :
Mais ça coûte bien 50 % moins cher au salarié que si toute la contribution de l'employeur passait directement à la région via le versement transport.
En fait, cela revient au même. Ce qui provoque le réel gain pour le salarié c'est l'absence de charges et d’impôts sur le versement transport et le remboursement employeur.
Il ne faut surtout pas augmenter la charge que ces remboursements transport font peser sur les entreprises: il vaut mieux AMHA faire payer les voyageurs occasionnels et les touristes.
eomer a écrit : il vaut mieux AMHA faire payer les voyageurs occasionnels et les touristes.
Ne quand même pas oublier que faire payer les voyageurs "occasionnels" et les touristes, revient à faire payer aussi tous les parisiens qui prennent régulièrement le bus et le métro pour leurs déplacements urbains, sans que ce soit tous les jours...
A-t-on une idée de la proportion que représentent les ventes de tickets par rapport aux abonnements à la RATP ?
Il ne faut pas oublier non plus que l'employeur, qui rembourse 50% du titre de transport de ses employés, lui paye en fait aussi ses déplacements personnels le soir et le week-end. Et ce sont ceux-ci qui coûtent le plus cher à l'exploitation, puisque les salaires sont alors plus élevés.
Ceci dit, un point à prendre en compte c'est que les gens qui vivent dans les zones 4 et 5 ne sont pas forcément des bourgeois rêvant d'un jardin avec des nains et des dauphins en plâtre. Ce sont aussi souvent des gens moins aisés, pour qui la banlieue proche n'est pas une option (même avec des revenus tout à fait honorables et un nom bien français, on peut chercher des mois avant de trouver un trois pièces en location à Paris ou en petite couronne, alors imaginez un travailleur immigré qui gagne le smic...). C'est du coup assez difficile d'accepter qu'on "offre" aux parisiens "pure souche", qui ont eu la chance de pouvoir acheter il y a trente ou quarante ans (ou dans la famille a acheté) quand les prix n'étaient pas aussi exorbitants, et qui bénéficient d'un maillage extrêmement dense et performant, des prix très bas pour tous leurs déplacements (ils n'ont, eux, pas besoin d'aller en banlieue puisqu'il y a tout ce qu'il faut dans la zone 1).
Le tarif unique, même s'il favorise l'étalement urbain, permet d'ouvrir la métropole à tous (au moins au niveau du coût, les plus éloignés étant encore handicapés par le temps de trajet et les horaires moins favorables). La difficulté est alors de trouver un système pour financer ce tarif unique de façon équitable, ce qui n'est pas chose aisée.
cmoiromain a écrit :.............. le soir et le week-end. Et ce sont ceux-ci qui coûtent le plus cher à l'exploitation, puisque les salaires sont alors plus élevés....
Pas beaucoup plus élevés
Les salaires de nuit ou du WE ne sont pas indexés de la même manière que dans les entreprises et de plus annualisés, seules des primes sont versées après minuit
florentr a écrit :
C'est même plus compliqué : l'employeur ne fait pas que rembourser 50 % à son salarié. Il paye aussi le "versement transport".
Versement transport qui est élevé dans Paris, bien desservie, et pas cher à Vélizy, où le TC n'est pas efficace et où on aurait besoin d'argent pour les améliorer … pire, cette taxe plus faible dans les endroits mal desservis par les TC incite les entreprises à s'installer dans les endroits mal desservis par les TC
D'un autre côté, vouloir faire payer une taxe transports aussi élevée dans les secteurs mal desservis que dans ceux qui bénéficient de lignes de transport lourd bien connectées aboutirait non seulement à ce qu'aucune entreprise nouvelle ne souhaite s'y installer mais ça serait surtout très mal compris par les entreprises qui y sont déjà installées et qui devraient payer sans avoir le service...
Mais, c'est intéressant de pousser - par la taxe - l'installation des entreprises dans un secteur déjà bien desservi en TC. Aujourd'hui, on fait l'inverse ! X(
Elle payent pour compenser provisoirement l'absence de TC efficace : si elles ne sont que quelques unes, elles payent cher, puis quand elles sont plus nombreuses et qu'un TC est installé, elles payent moins cher.
Le service lui est payé par les utilisateurs de TC.
Plus difficile : il serait intéressant de lier la taxe à l'efficacité du TC, si la zone à bureaux est desservie efficacement (= si elle est dense, un seul arrêt de bus par ligne), la taxe n'est pas chère.
Le STIF a voté son budget lors du conseil du 10/12/14 et donc les évolutions tarifaires, dont la mise en place du pass Navigo mensuel à tarif unique de 70€ pour la rentrée de septembre 2015 :
le STIF a écrit :Évolutions tarifaires pour 2015
Evolution tarifaire moyenne de + 2,9 % sauf pour les forfaits de la zone 1-2 dont le prix est fixé à 70€.
Prix des billets A compter du 1er janvier 2015, les prix des tickets sont fixés comme suit :
- Ticket t+ vendu à l’unité : 1,80 €
- Ticket d’accès à bord : 2,00 €
- Carnet de 10 tickets t+ à plein tarif : 14,10 €
- Carnet de 10 tickets t+ à tarif réduit : 7,05 €
Par ailleurs, les élus de la majorité du Conseil du STIF ont déposé un amendement au budget 2015 relatif à la mise en œuvre du Passe Navigo au tarif unique mensuel de 70 € pour une mise en œuvre à la rentrée
2015.
Le ticket T+ valable dans toute l'Île-de-France pendant 1h30 !? ça se dit "T+ interopérable"
Alors quelques doutes :
• est-ce que ça marchera avec les RER et les trains en dehors de Paris (fin des affreux tickets de gare à gare), ou juste avec les métro ? : trajets T3 <-> métro et RER dans Paris OK, trajets T8 <-> ligne 13 à Saint-Denis OK, trajets T8 <-> RER D ou ligne H à Saint-Denis possible ?
• est-ce que ça sera valable à la rentrée 2015 ou plus tard (2016) ?
Dans la foulée, les élus EELV ont fait adopter, lors du conseil d’administration du Stif du 10 décembre 2014, l’interopérabilité des tickets uniques T+. L’usager pourra, ainsi, circuler une heure trente avec le même ticket sur l’ensemble du réseau – métro, bus et tramway. "Les détails pratiques et le financement seront abordés dans de futures discussions budgétaires pour mise en place 2016", indiquent les élus EELV du conseil régional d’Ile-de-France dans un communiqué.
En 2016, un seul ticket sera nécessaire pour faire un trajet en prenant un bus, un métro,un RER et un tram. Ce ticket unique sera valable durant une heure et demi. Il pourra être utilisé dans tous les bus d’Ile-de-France, dans tous les métros, les trams et dans les RER à l’intérieur de Paris. Ce ticket+, élargi en quelques sortes, ne devrait pas coûter plus cher que l’actuel ticket+.
Pour le coup, le STIF devrait gagner de l'argent, ça fera venir du monde dans les RER en dehors de Paris.
En 2016, un seul ticket sera nécessaire pour faire un trajet en prenant un bus, un métro,un RER et un tram. Ce ticket unique sera valable durant une heure et demi. Il pourra être utilisé dans tous les bus d’Ile-de-France, dans tous les métros, les trams et dans les RER à l’intérieur de Paris. Ce ticket+, élargi en quelques sortes, ne devrait pas coûter plus cher que l’actuel ticket+.
En résumé, Paris s'alignera -enfin- sur ce qui était la règle dans toutes les autres villes de France: un ticket intermodal à durée limitée. La différence de taille est que souvent la durée est de 1 heure et qu'ici elle sera de 1 heure 30 minutes.