Le Parisien a écrit :
Des radars compteurs de passagers ont été installés sur 5 points du périphérique (ici à la Porte de Saint-Ouen) dès la mi-2023. LP/Frédéric Choulet
Dès ce printemps, les PV vont tomber ! Passée la période de tolérance qui devrait s’achever début mai, les automobilistes qui emprunteront une voie réservée au covoiturage sans aucun passager seront bel et bien sanctionnés. Tarif : une amende forfaitaire de 135 euros, minorée à 90 euros si elle est payée rapidement, mais sans retrait de point de permis. Le dispositif permettant de repérer ces « autosolistes » égarés sur les VR + 2 (les voies réservées aux véhicules avec au moins deux personnes à bord) est en place. Il s’agira de radars intelligents — déjà implantés sur presque tous les tronçons concernés — qui pourront être activés dès l’ouverture des voies dédiées.
Les usagers de l’A13 les plus observateurs ont récemment repéré le premier exemplaire de ces radars nouvelle génération sur « leur » autoroute. L’intriguant boîtier « multifenêtre », conçu par la société Pryntec, spécialisée dans les solutions d’analyses vidéo intelligentes, a été installé en début d’année sur le terre-plein central de l’autoroute, dans le sens Paris, quelques kilomètres avant l’entrée du tunnel de Saint-Cloud.
Les voies réservées font leur retour sur le périphérique parisien
Les habitués du périphérique, eux, connaissent déjà un autre modèle de radar de covoiturage (celui de la société de systèmes routiers « intelligents » Fareco) dont 5 exemplaires équipent l’anneau parisien depuis la mi-2023. La Ville de Paris avait testé différents types de boîtiers de comptage des passagers sur le périphérique dès 2021… en prévision des Jeux. Cofinancé par la Solideo (la Société de livraison des ouvrages olympiques), le modèle retenu a d’abord servi à vérifier que les files transformées en voies olympiques n’étaient pas empruntées par d’autres usagers que les chauffeurs accrédités.
Nouveau radar sur l'A13 dans le sens Paris-Province après le tunnel de Saint-Cloud

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— Le Bat - Volume 2 (@LVolume2) January 17, 2025
Les radars utilisaient alors uniquement le système LAPI (lecture automatique des plaques d’immatriculation) pour vérifier que les voitures figuraient bien dans la liste des véhicules autorisés. Leur conception va permettre leur transformation en radar de covoiturage dès nécessaire. Un autre de ces nouveaux radars devrait prochainement faire son apparition sur le tronçon de l’A1 concerné par la mesure.
Impossible de berner le système avec un mannequin.
Quel que soit leur concepteur, les radars de comptage des passagers fonctionnent tous selon les mêmes principes. Un système de doubles caméras scanne l’intérieur de tous les véhicules empruntant la file de gauche. Des logiciels d’intelligence artificielle entrent ensuite en jeu pour analyser les images, identifier les silhouettes humaines (anonymisées) à l’intérieur de l’habitacle… puis déclenchent un flash « classique » si le conducteur est seul dans sa voiture. Ces boîtiers, qui utilisent des caméras thermiques ou infrarouges selon les modèles, seraient en outre capables de faire la différence entre un « vrai » passager humain et un mannequin ou une poupée gonflable que certains pourraient être tentés d’embarquer pour tromper le système. « Le taux de fausse détection est inférieur à 1 % », indique la société Pryntec dans sa communication à destination des collectivités « clientes ».
Si la verbalisation par radars de covoiturage n’est autorisée que depuis la signature d’un arrêté interministériel (Intérieur, Transports et Environnement) en avril 2024, l’expérimentation de ces nouveaux outils de contrôle a débuté bien avant, sur des voies dédiées au covoiturage mises en place dans diverses métropoles de province. Grenoble avait été la première dès 2020. Lyon, Lille, Strasbourg, Annecy ont suivi… en équipant les tronçons routiers concernés de système de contrôle. Mais ces radars n’ont pour l’instant été essentiellement utilisés qu’à des fins pédagogiques… et sans grande efficacité. « Après les premières années d’expérimentation, il apparaît que cette voie est régulièrement utilisée par des véhicules non autorisés », notait ainsi en septembre dernier la préfecture de l’Isère en annonçant le renforcement des contrôles en 2025.
Lyon a franchi le pas en août dernier avec la mise en service des deux radars thermiques installés sur la M7 (ex A7) à l’entrée de la presqu’île.
Selon le bilan dressé par la métropole du Grand Lyon, la mesure ne s’est pas traduite par un « tsunami » de PV. En cinq mois, les radars covoiturage lyonnais se sont déclenchés à 1 600 reprises. Après un contrôle humain des clichés (systématique pour éviter les erreurs), ils ne se sont traduits que par l’envoi de 900 PV. Les observateurs de la circulation notent en tout cas que le taux de respect de la voie dédiée est passé de 30 % seulement avant la mise en service des radars à 70 % après.