Le tram-train pour l'aéroport ne fait pas l'unanimité
Le tram-train vers l'aéroport emprunterait d'abord la ligne Nantes-Châteaubriant, avant de bifurquer, à La Chapelle,
vers Treillières, Vigneux et l'aéroport.
La Région veut relier Nantes à Notre-Dame-des-Landes par un nouveau tram-train. Département de Loire-Atlantique
et Nantes Métropole sont réticents. Décision début 2013.
Pourquoi ? Comment ? D'où vient ce projet ?
La desserte de l'aéroport de Notre-Dame, d'abord par le tram-train, puis par une ligne ferroviaire Nantes-Rennes, est une
recommandation de l'enquête d'utilité publique (2008), validée par l'État. « C'est un engagement vis-à-vis de la population
que nous devons respecter », affirme Gilles Bontemps, vice-président du conseil régional. La Région défend le tram-train.
Il permettrait, explique l'élu, de desservir à la fois l'aéroport et les communes du territoire d'Erdre-et-Gesvres, au nord de
Nantes. Avec sept arrêts, l'aéroport serait à 38 mn de la gare de Nantes. Mais le projet ne fait pas l'unanimité. Département
de Loire-Atlantique et Nantes Métropole sont debout sur les freins. En face, Jacques Auxiette, président de la Région, affiche
sa détermination, laissant entendre qu'il serait prêt à financer l'essentiel et à prendre en charge l'exploitation.
Quelle est la facture ?
La facture s'alourdit à mesure que les études s'affinent. Il faudra construire des ouvrages d'art pour les franchissements,
créer de nouvelles voies, acheter des rames supplémentaires pour répondre aux contraintes d'exploitation. On friserait les
200 millions d'euros d'investissement, assure un connaisseur du dossier. Somme contestée par Gilles Bontemps, qui évoque
100 à 150 millions et demande d'attendre de nouvelles études, en cours.
Y a-t-il vraiment une clientèle ?
Les études montrent qu'on ne se bousculerait pas pour prendre le tram-train vers l'aéroport depuis Nantes : seulement 1 390
passagers et salariés de la plate-forme par jour. Insuffisant pour justifier l'investissement. « L'économie du projet repose sur
la mixité de la desserte », réplique Gilles Bontemps. Aux usagers de l'aéroport, il ajoute les habitants. On atteint alors 7 400
voyageurs au quotidien. Pas assez pour réduire le déficit d'exploitation. Il faudrait qu'augmente la population entre Nantes et
l'aéroport. Ce dont ne veulent ni le Département, ni Nantes Métropole, attachés à maintenir une coupure verte. Gilles Bontemps
conteste le montant du déficit, que certains évaluent entre trois et six millions par an.
La liaison Nantes-Rennes par train est-elle menacée ?
C'est le noeud du problème. Même si les deux projets ne sont pas à la même échelle de temps, le tram-train aéroportuaire et
la création d'une liaison ferroviaire rapide Nantes-Rennes via l'aéroport (2 à 3 milliards) risquent d'être en concurrence, du fait
de la raréfaction des financements. « Il est peu probable que Nantes-Rennes voie le jour quand plus de 200 millions auront déjà
été investis dans le tram-train », assure un élu départemental. « Le tram-train met en péril une grande décision d'aménagement
du territoire », estiment, inquiets, ceux qui veulent une grande métropole Nantes-Rennes.
Et la route ?
Le Département de Loire-Atlantique travaille à une desserte routière express avec des bus cadencés à haut niveau de services,
en sites propres pour éviter les embouteillages nantais. L'investissement (5 à 10 millions) est sans commune mesure avec celui
du tram-train. La formule capterait moins de clients de l'aéroport « mais permettrait de tester les besoins, de desservir Rennes
et d'autres bassins», fait-on remarquer au conseil général. Il est très probable que cette desserte voie le jour à l'ouverture de
l'aéroport (en 2017, si tout va bien). Sous réserve de décision positive début 2013, le tram-train aéroportuaire, lui, ne roulerait
pas avant 2020.