Re: [ Pyrénées ] Traversées centrales et ouest
Posté : dim. 28 mars 2010 20:32
http://www.sudouest.com/bearn/actualite ... 71606.html
Sud-Ouest a écrit :BEDOUS. Les partisans du rail avaient organisé une journée de revendications
Les obstinés du Canfranc
S'ils n'en reste que dix, ils seront de ceux-là. La conviction chevillée au corps, les membres du comité pour la réouverture de la ligne Oloron-Canfranc (Creloc) et ceux de Crefco, son équivalent espagnol, se sont retrouvés sous le seul pont-route viable de la ligne de chemin de fer Oloron-Canfranc, fermée depuis 40 ans (1).
Alain Cazenave-Piarrot, le bouillonnant président du Creloc, professeur de géographie à l'université de Toulouse, a d'abord accueilli la presse béarnaise (réduite) puis la presse aragonaise, venue en nombre. Il faut dire que le journal « Heraldo de Aragon » avait consacré sa « une » de samedi et huit pages intérieures sur le sujet, avec photos actuelles, photos d'archives et notamment l'inauguration en 1928 par le roi espagnol Alfonso XIII et le président de la République française, Gaston Doumergue.
« Déçus par la France »
« La France n'a pas de crédibilité pour les Espagnols. Le gouvernement français a fermé la ligne et n'a pas tenu les engagements qui figurent dans l'accord de Santender en 2000 (2) pour la rouvrir. Nous sommes très déçus » explique Luis Granell, journaliste de métier, aujourd'hui, fonctionnaire au parlement de l'Aragon et porte-parole du président de Crefco, Benjamin Cazenave. Il rappelle que « côté espagnol, deux trains de voyageurs et un train de marchandises montent chaque jour de Saragosse à Canfranc ». Faute de liaison ferroviaire entre Saragosse et la France, « on construit des autoroutes, côté espagnol. Dans 3-4 ans, il y en aura trois qui arriveront à Jaca ! Le Pau-Canfranc doit rouvrir pour des raisons économiques et pour favoriser le transport durable. »
Alain Cazenave-Piarrot et le vice-président du Creloc, Michel Rodes ont quant à eux pesté contre les « rumeurs persistantes qui laissent croire que le Canfranc ne rouvrira pas ». S'ils sont déçus d'une ouverture repoussée de la section Oloron-Bedous à 2013, ils y croient encore.
« Rien de compliqué »
Pour cette journée anniversaire, les organisateurs avaient demandé à deux experts ferroviaires de les rejoindre : l'Ariégeois Robert Claraco qui dirige un bureau d'études, auteur d'une étude en 2006 qui fixait à 80 millions d'euros la réouverture de la ligne (« sans compter les ouvrages d'art que la route doit payer »), et Jürg Suter, géographe ferroviaire, employé à l'office fédéral suisse des transports.
Pour Robert Claraco, la Pau-Canfranc « n'a rien de compliqué ». La preuve, son jumeau des Pyrénées-Orientales, la ligne Toulouse-Puigcerda-Barcelone - a bien été réalisée. « À force d'embêter RFF et la SCNCF, on les a obligés à refaire la voie, financée dans le cadre du plan rail Midi-Pyrénées. » Pour lui, la ligne Pau-Canfranc permettrait au Béarn de rayonner jusque vers l'Espagne. « Partout où il y a du fer parallèle à la route, ça marche et il n'y a aucun problème de puissance pour gravir les pentes. »
La technique, c'est justement la spécialité du Suisse Jürg Suter qui a étudié toutes les possibilités sur la Canfranc en terme de capacité. « Selon les besoins, on peut faire passer 38 trains de marchandises et 34 trains de voyageurs par jour. Cela ne pose aucun problème. Train de marchandises conventionnels, transport combiné ou autoroute roulante. Peu importe. »
Pas de problème technique, un coût « qui représente les seuls intérêts bancaires de la traversée centrale des Pyrénées » selon R. Claraco. Reste la volonté politique mais de cela, le Suisse ne veut pas en parler.
(1) La section Bedous-Canfranc est fermée depuis le 27 mars 1970. La section Oloron-Bedous est fermée depuis 1980. (2) Jacques Chirac avait promis la réouverture.


